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AMOUR FOU. LA SAGESSE D'UN PETIT CHIEN THÉRAPEUTE.

LE PETIT CHIEN THÉRAPEUTE. Valentin Spitz.

Cher Valentin,

Une fois n'est pas coutume, notre chronique dédiée à votre nouveau livre Le petit chien thérapeute vous est adressée en style direct. Inutile de tourner des phrases supposées objectives par conformité au genre convenu de la critique littéraire. Nos lecteurs et, nous l'espérons, les vôtres qui suivront nos recommandations avisées, comprendront.

Nous avons follement aimé ce "Petit chien thérapeute". Mais, surtout, nous vous avons aimé de l'avoir écrit. Pour ce que ce livre offre d'amour éperdu pour un petit animal qui a partagé votre vie pendant 14 ans, ce qu'il offre de chagrin de l'avoir perdu, ce qu'il offre de courage de le dire, de l'écrire. Bien sûr, vous êtes écrivain, vous avez connu des tristesses profondes et graves que vous avez couchées sur le papier dans des livres précédents après les avoir vraisemblablement allongées sur le divan. Mais là, c'est pire que tout. Cette perte que peu de gens comprennent, vous la nommez, la décrivez, du fond du vide abyssal qu'elle engendre et qui n'est que très rarement accepté par les autres. Peut-être parce qu'il s'agit de la perte d'une confiance absolue, sans limites, d'un amour que l'on dirait inconditionnel si ce mot n'avait pas été galvaudé par les tenants du développement personnel. "L'amour pur, l'amour simple, le parfait amour", écrivez-vous en écho à Virginia Woolf parlant de son chien Flush. Le grand amour. Un amour fou pas fou du tout.

Vous êtes psychanalyste : c'est en ce lieu symbolique que votre petit chien parti de cette Terre prend toute sa dimension. Sa plénitude en votre cœur. Il vous a accompagné, dites-vous, tout au long des séances avec vos patients, et ses interventions affectueuses ont débloqué bien des silences, des mutismes articulés à des souffrances indicibles. Votre petit Google, c'est son nom, était psy avec vous. Un vrai thérapeute, comme il en existe peu. Sans concept, sans dogmes, sans jugement. La compassion incarnée. En effet, nous sommes loin de l'exercice de la psychanalyse ou, tout au moins, des objectifs qu'elle s'est fixés au fil du temps, et qu'elle a bétonnés, en termes de pratique.

Google vous a appris l'écoute qui vient du corps, pas seulement du cerveau, bon élève des écrits de Freud. Il vous en a apporté la preuve thérapeutique et vous ne vous en êtes pas remis. Ou, plutôt, si. Vous vous en êtes très bien remis parce que vous avez changé, dites-vous. Grâce à lui. Et nous qui aimons nos petits chiens comme personne sentons résonner dans nos cellules la peine originelle qui fonde votre tristesse. Nous la partageons et nous sentons grandis à travers vous par elle. Terriblement humains, mais psychiquement autonomes au point d'accepter notre souffrance pour tenter de la sublimer. Freud n'est pas loin mais, vous, vous êtes drôlement rapprochés de votre intimité pour être capable de vous tenir en harmonie avec votre vulnérabilité et de la laisser voir.

Merci, Monsieur le psychanalyste ! Merci, Valentin. La séance - de lecture - a porté ses fruits. Nos lecteurs trouveront dans votre livre la trace d'une psychanalyse qui se respecte et d'un accueil intérieur du monde animal qui n'en finit pas de nous rappeler à nous-même.

Éditions Arléa. Collection La Rencontre. 128 pages. 17 €

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